Office de tourisme de la Montagne Bourbonnaise

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Les villages et les bourgs

En Montagne Bourbonnaise, la conjugaison du milieu naturel, de l’organisation sociale et la recherche de terres arables ont contribué à la dispersion de l’habitat. Ce pays, riche en eau et en matériaux de construction (bois, pierre) est constitué d’une multitude de petits bossellements et de petits vallonnements propices à l’élevage et à la dissémination des groupes humains.

Dans ces conditions, la réponse la mieux adaptée semblait être la ferme isolée, celle-ci était en général un domaine d’une certaine importance. Cependant, pour des raisons de sécurité et d’économie, les membres d’une même famille ou de plusieurs familles vivaient, jusqu’au XIXème siècle, en communautés familiales paysannes. Ce mode de vie ancestral a marqué la vie rurale et ponctué le paysage de nombreux villages. Il en résulte une très large répartition des lieux habités, même si la densité globale de population n’est pas très élevée.

On comprendra, ainsi, que le bâti participe très fortement à ces paysages, par sa dispersion, et par l’effet de contraste et de point d’appel du regard qu’il produit.

Les bourgs

En Montagne Bourbonnaise, outre son église, sa mairie et sa dimension parfois à peine plus importante que celle d’un village, le bourg se caractérise par sa construction autour ou à proximité d’un château parfois disparu (Molles, La Chapelle), mais surtout par sa position stratégique à la croisée des grandes routes.

Arronnes - Jacky PROYART

Les villages

Certains villages trouvent abri dans une cuvette près d’une rivière, mais la grande majorité a choisi de s’installer sur une pente orientée au sud, au sud-est ou au sud-ouest, en bordure de plateaux ou parfois au sommet d’une colline ou d’un relief intermédiaire.

On observe également une dissymétrie dans les vallées avec des lieux d’implantation privilégiée sur les flancs sud, sud-est et sud-ouest alors que les flancs nord restent généralement voués à la forêt.

Les modes de répartition des villages sont différemment lisibles dans le paysage en fonction du réseau routier.

  • Route à flanc de pente Dans la partie le plus élevée du territoire, la route se situe fréquemment sur un même flanc de vallée et reste relativement horizontale en suivant une même courbe de niveau. Elle relie des villages dont le développement s’est rapproché de la route. C’est par exemple le cas de la RD 422 entre Lavoine et La Guillermie sur laquelle s’égrènent des villages (Le Pré, Le Pré Neuf, Le Soulier, La Font Carrée…). Il en résulte une organisation de villages "horizontale", particulièrement sensible, et des villages qui peuvent se rejoindre en raison de phénomènes d’extensions linéaires du bâti. Cependant, des problèmes d’accès et de desserte à partir de ces voiries départementales peuvent limiter la constructibilité.
  • Desserte à partir d’une voirie principale Les villages sont reliés à la voie principale par un système de voies secondaires souvent très étroites. Les villages se dispersent dans l’espace, parfois sans lien entre eux, parfois avec des voiries secondaires qui relient l’ensemble.
  • Villages en "dérivation" sur la voie principale C’est un cas assez fréquent. Le village originel était traversé par la voie principale, et au fil du temps une "dérivation" a pris peu à peu le statut de voie départementale. Dans ce cas, on constate que les extensions ne se rapprochent pas forcément de la voie départementale, celle-ci restant proche de toute façon.

L’organisation interne des villages se décompose en plusieurs types de groupements bâtis.

  • Les fermes isolées et les petits groupes Ils sont constitués de plus de deux constructions, représentant généralement une ou deux unités d’habitation (habitat + bâtiments annexes). Leur impact dans le paysage dépend de leur situation par rapport à la topographie, de la végétation qui les accompagne et surtout de leurs caractéristiques chromatiques (couleurs claires ou blanches). Un tel contexte permet souvent d’insérer des constructions neuves à condition que celles-ci restent dans les mêmes caractéristiques formelles et chromatiques et que la végétation aux abords conserve les mêmes essences.
  • Les villages linéaires Ils sont construits le long d’un chemin qui en constitue l’axe principal : les unités s’égrènent le long de cette voie, des deux côtés ou d’un seul côté. Les constructions peuvent être disjointes (comme c’est le cas dans le village du Pin) ou bien jointives et former alors une bande aux maisons accolées. Ces groupements parallèles créent des masses linéaires fortes dans les paysages, surtout lorsque le village comporte 2 ou 3 de ces ensembles accolés. Dans ce mode d’organisation, le partage entre bien collectif et bien individuel a souvent été fait de telle manière que l’espace collectif revient jusqu’aux pieds des constructions.

Selon l’implantation du village par rapport à la pente, on distingue deux cas de figure :

  • Le village linéaire, axe parallèle aux courbes de niveaux : les faîtages sont parallèles et le village se présente comme une "barre".
  • Le village linéaire, axe descendant la pente : le village se présente comme une succession de barres courtes qui descendent la pente. Ces villages offrent souvent des silhouettes intéressantes qui captent les regards.

L’assemblage des constructions situées dans les villages linéaires parallèles aux courbes de niveaux, forme des barres allongées souvent très perçues, donc sensibles et dont l’image peut être assez forte et positive. L’homogénéité des toitures renforce l’effet de barre. Le respect des règles d’orientation principale des faîtages est bien souvent le critère qui permet l’insertion de constructions futures à conditions de rester dans les mêmes volumétries. Il existe deux situations topographiques pour ces villages :

  • soit sur une pente, généralement sous un sommet, les villages sont vus dans leur globalité mais sous un seul aspect.
  • soit sur un col, ils sont alors vus sous deux facettes (ou plus).

Plusieurs bourgs occupent également une telle situation.

Nizerolles - Jacky PROYART

Les constructions des villages linéaires étagés descendent la pente en suivant le plus souvent la voirie. Là encore, le respect des règles d’orientation des faîtages est un des critères qui assurent une certaine insertion des constructions récentes aux abords.

  • Les villages en étoile, ce sont des villages linéaires, organisés à partir d’un carrefour de voies
  • Les villages groupés, organisés en "tas" : le centre du village est occupé principalement par des habitations modestes, que l’on ne perçoit généralement pas à la périphérie, et les granges étables sont rejetées à l’écart du noyau ainsi que les exploitations les plus importantes. Il en résulte une forme relativement dense, sans organisation particulière des faîtages.

Il existe un type de village très spécifique où les exploitations agricoles sont restées très longtemps de petites tailles et dispersées. Il s’agit non pas d’un groupement, mais d’un ensemble d’unités individuelles réparties sur une pente. Ces constructions regroupant un logis, une grange-étable, forment une "nébuleuse" qui ponctue une pente.

Impact paysager des silhouettes de villages et de bourgs

Hameau de Glozel - Ferrières - Jacky PROYART

Une majorité de villages et de bourgs sont situés sur les hauteurs. Cette position stratégique leur confère un impact majeur dans le paysage. La qualité des silhouettes dépend de plusieurs facteurs :

  • La compacité des masses bâties.

Bien que l’organisation interne des hameaux soit assez lâche, en vue lointaine, le bâti apparaît bien groupé.

  • La végétation au sein des villages. Les arbres ou arbustes plantés sont perceptibles en vue lointaine et jouent un rôle important dans la qualité des silhouettes. Ils créent autour des masses bâties un écrin de verdure. Ils permettent de mettre en valeur les toitures. Leur présence atténue l’impact d’un bâti aux crépis disparates sans l’occulter complètement.
  • Les abords immédiats et notamment les espaces en contrebas du village. Ces espaces sont stratégiques et d’une grande fragilité paysagère. Les plus remarquables d’entre eux sont des espaces agricoles où la trame bocagère apparaît nettement structurée. Les haies principales convergent vers le village, le plaçant au centre d’un réseau qui relie les masses bâties au site.
  • La proximité et la nature des masses boisées. Un grand nombre de villages, surtout au sud du territoire, sont bordés par des forêts. Leur impact dépend de la nature feuillue ou résineuse des boisements et de leur emplacement. Les boisements les plus gênants sont ceux qui :
    • masquent en partie la silhouette du village ou sont situés directement derrière lui (effet de concurrence)
    • ne permettent pas la conservation de la trame bocagère entre le village et la lisière (trop grande proximité)
    • créent des masses sombres isolées d’aspect artificiel (boisements en timbre-poste).

Source : Charte Architecturale et Paysagère 2002