Office de tourisme de la Montagne Bourbonnaise

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Les différentes filières et la transformation

La Montagne Bourbonnaise est située dans le département de l’Allier qui possède le deuxième troupeau allaitant de France et qui est le huitième pays moutonnier. Ceci démontre bien le caractère agricole de ce département et du territoire de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise.

La topographie et le climat de cette région n’étant pas favorables à la culture de céréales (rendements faibles), l’agriculture est souvent extensive et basée sur la valorisation de prairies permanentes ce qui maintient élevée la Surface Toujours en Herbe (STH) qui représentait 86 % de la SAU en 2000. La tendance n’est pas à la diversification des productions et beaucoup d’exploitants sont producteurs de broutards charolais (production maigre non finie), ce qui les rend dépendants des aides et tributaires de la fluctuation des marchés. Certains font quand même le choix d’une certaine finition des animaux (broutards alourdis, taurillons…). La production ovine concerne principalement celle d’agneaux de 18 kg de carcasse.

Nous pouvons observer une augmentation du cheptel de vaches allaitantes (+ 67 % entre 1979 et 2000) au niveau du territoire de la Communauté de Communes au détriment des autres cheptels de vaches laitières, ovins, caprins et porcins. Le cheptel majoritaire est donc celui de bovins allaitants avec plus de 9000 vaches nourrices réparties en 2000 sur 72 % des exploitations du territoire. Il est suivi par les cheptels ovins (11 000 animaux sur 33 % des exploitations) et bovins lait (600 animaux sur plus de 18 % des exploitations). La diminution du cheptel bovin lait (pas de chiffre précis) est en partie due à des problèmes d’accessibilité pour les collecteurs de lait qui préfèrent concentrer l’ensemble des ramassages en plaine. Cependant, il est à remarquer l’augmentation du nombre de volailles sur le territoire et un développement des ateliers hors-sol de volailles et de porcs qui permettent d’apporter une diversification à la production de broutards. Par ailleurs, d’autres sources de diversification sont présentes sur le territoire à travers la transformation à la ferme et la vente directe. (AGRESTE, 2000).

La commercialisation des produits agricoles

La valorisation des productions agricoles n’est pas très importante sur le territoire. En effet, seules 11,5 % des exploitations du territoire réalisent leur production sous signe de qualité (AGRESTE, 2000).

Au niveau du département, les groupements de producteurs se chargent de la commercialisation de 40 à 70 % des produits bovins avec quatre principaux groupements ; de 60 % des produits ovins (cinq groupements) et de la quasi-totalité de la production porcine (quatre groupements). La collecte du lait est principalement assurée par l’industrie privée (cinq laiteries) mais il existe aussi deux coopératives dont une dessert le territoire de la Montagne Bourbonnaise.

La valorisation des produits, bien que limitée sur le territoire, bénéficie d’une multitude de labels définis pour chaque production. En ce qui concerne la filière bovine, nous pouvons en particulier citer les labels « bœuf charolais du Bourbonnais », « Bœuf charolais label rouge » et « Bœuf charolais terroir ». La production ovine présente deux labels qui sont l’« Agneau fermier du bourbonnais » soumis à une Indication Géographique Protégée (IGP) et l’« Agneau fermier : agneau cœur de France ». Le label de la filière porcine est dénommé « Porc fermier d’Auvergne » et ceux de la filière avicole « Volailles fermières d’Auvergne » et « Volailles fermières Malvoisine ». Les éleveurs de la Montagne Bourbonnaise peuvent valoriser leurs produits grâce à ces labels qui ont validité dans l’ensemble du département de l’Allier.

Deux abattoirs sont situés à proximité du territoire étudié. Celui de Lapalisse est spécialisé dans l’abattage de porcs et celui de Saint-Germain des Fossés dans l’abattage de volailles. Ces abattoirs qui sont situés respectivement à 20 et 40 minutes du Mayet de Montagne favorisent les productions porcines et de volailles sur le territoire de la Montagne Bourbonnaise.

En ce qui concerne la diversification en agrotourisme, peu d’exploitations se sont impliquées dans des démarches d’accueil de touristes qui pourraient pourtant apporter un revenu complémentaire à de nombreux exploitants.

Soutien par les organisations professionnelles agricoles

Différentes structures ont pour vocation de contribuer au développement agricole du territoire de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise. Certaines de ces structures agissent à un niveau très local et d’autres proposent des actions à mettre en œuvre dans l’ensemble du département de l’Allier.

Le Conseil Général de l’Allier a intégré le caractère très agricole de son département et a proposé un programme concernant le développement de l’agriculture appelé Plan Agricole pour l’Allier ou P2A. Ce plan a été réalisé avec la participation de la Chambre d’Agriculture de l’Allier. Il vise à proposer des aides financières à des actions spécifiques autour de divers thèmes qui sont :

  • l’environnement (maîtrise des pollutions d’origine agricole, amélioration des terres agricoles, amélioration de l’environnement et protection des élevages)
  • la génétique (aide à l’acquisition de géniteurs qualifiés, transfert de cheptel ovin de qualité, maintien de la qualité des élevages en base de sélection)
  • l’installation (installation progressive des jeunes agriculteurs hors Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) et appui technique, complément de DJA, information installation des jeunes agriculteurs, repérage des exploitations sans successeur, services de remplacement, groupements d’employeurs de main d’œuvre)
  • l’investissement (bâtiments d’élevage, maîtrise de la gestion des effluents des élevages porcins, achat de matériel en CUMA, amélioration de la chaîne de récolte du lait, diversification de la production agricole)
  • le marketing (valorisation des agneaux produits à contre-saison sous Signes Officiels de Qualité, aide à la décision)
  • le sanitaire (qualification sanitaire des élevages)

La Chambre d’Agriculture assure quant à elle des missions consultative, d’expertise et de développement à destination de l’ensemble de la profession agricole. Elle dispose d’une antenne délocalisée située à Lapalisse qui gère notamment le territoire de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise.

L’Association Départementale d’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles (ADASEA) gère elle, l’ensemble des démarches d’installation sur le territoire, que ce soient des projets de transmissions ou d’installations de jeunes hors cadre familial.

Le Syndicat Mixte des Monts de la Madeleine, a pour projet le développement local du territoire des Monts de la Madeleine dont la Montagne Bourbonnaise fait partie. Des actions sont menées de manière à préserver et valoriser le patrimoine culturel, paysager et naturel, ainsi que pour développer économiquement et socialement le territoire.

La Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise n’a pas seulement pour vocation le développement agricole du territoire. Elle considère aussi des aspects plus larges de développement rural. Bien que le domaine d’actions de la Communauté de Communes soit limité en terme d’agriculture, des études d’opérations ont été réalisées.

Le développement de l’agriculture et la gestion de l’espace, au sein de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise, passent par la mise en place de quatre Chartes Intercommunales de Développement et d’Aménagement. Ces chartes, dont la première a débuté en 1988, concernent au niveau agricole la gestion de l’espace, la revitalisation de la Montagne Bourbonnaise et le maintien des activités économiques.

Une Opération Groupée d’Aménagement Foncier (OGAF) a été étudiée entre 1975 et 1980 puis entre 1992 et 1996, pour faciliter la cession de foncier et l’acquisition de matériel. Ceci visait à améliorer les conditions d’exploitation et à favoriser la reprise des structures.

L’étude d’un Programme Intercommunal de Gestion de l’Espace (PIGE) a aussi été réalisée fin 1997. Trois objectifs lui étaient assignés dont le premier est l’entretien des paysages par l’amélioration de la diversité paysagère, l’ouverture de points de vue, la remise en culture de friches ou de bois, l’entretien des haies et la gestion de la forêt. Le deuxième objectif est la stabilité de l’activité agricole par le maintien de la SAU et du nombre d’agriculteurs. Ceci devait être permis par la mise en place d’une réserve intercommunale pour l’installation et le recensement des sièges d’exploitation sans repreneurs. Le PIGE avait aussi pour vocation le maintien de la qualité de l’eau par la réalisation d’un état des lieux par bassins.

Un Contrat Territorial d’Exploitation (CTE) collectif a été créé au cours de la IIIème charte intercommunale. Il avait pour vocation de mettre en place des actions permettant le maintien de l’ouverture des zones de vie et la réhabilitation du patrimoine bâti. Il devait aussi favoriser les conditions d’exploitation et maintenir l’emploi agricole. Cependant, les CTE ayant été abolis en Août 2002, cette démarche a été arrêtée. Ce sont maintenant les Contrats d’Agriculture Durable (CAD) qui ont été mis en place mais il n’existe dans ce cas là aucune démarche collective possible. L’action relative aux CTE collectifs a eu peu de répercutions sur le territoire car elle s’est faite courant 2001 et les exploitants ont eu peu de temps pour y participer avant l’abandon des démarches CTE au niveau national.

Une autre démarche vise à créer une marque de produits agricoles de qualité de la Montagne Bourbonnaise.

L’ensemble des institutions présentées et les actions menées montrent le dynamisme existant au sein du territoire de la Montagne Bourbonnaise en ce qui concerne l’agriculture. Les acteurs du développement ont aussi pris conscience de l’importance de soutenir cette activité économique.

Ainsi, l’agriculture du territoire, par ses multiples caractéristiques, est un secteur important mais qui reste fragile à cause de problèmes de déprise et du manque de rentabilité des exploitations agricoles. Les enjeux de ce secteur sont multiples. Ils concernent le maintien d’une SAU stable par des installations qui pourront être réalisées grâce à l’amélioration des structures d’exploitation et qui permettront la préservation de petites exploitations. Il semble aussi important de valoriser les produits issus de l’élevage bovin extensif de race charolaise, qui possèdent une bonne image de qualité aux yeux du consommateur. Enfin, la valorisation des potentiels agri-touristiques et le maintien d’un équilibre entre environnement et agriculture sont aussi des enjeux importants du secteur agricole du territoire.