Office de tourisme de la Montagne Bourbonnaise

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Les grands traits du paysage

Le taux de boisement moyen sur 13 communes (les taux des communes de Molles et La Chapelle n’ayant pas été communiqués) est de 37% de la surface totale mais on constate de très fortes inégalités : 10% seulement à Châtelus, 72% à St Nicolas des Biefs par exemple.

Paysage forestier

Vers Les Genestes
Vers Les Genestes (Jacky PROYART)

Les principaux massifs forestiers occupent le sud du territoire, ils sont situés :

  • sur le versant ouest des Monts de la Madeleine
  • sur le versant est des Bois Noirs sur les communes de Lavoine et La Guillermie
  • dans la zone centrale de la Ligue entre la Besbre et le Sichon.

Les feuillus et les résineux (dont 90% de Douglas) se partagent à peu prés équitablement les surfaces. Les types de boisements feuillus sont plus variés : chênaies à basses altitudes, hêtraies à l’étage montagnard, accompagnés de châtaigniers, de frênes ou d’érables, ainsi que de saules marsault dans certains secteurs. Dans le zone nord-ouest des piedmonts (Molles en particulier), les boisements sont presque exclusivement constitués de feuillus (chênes dominants) au milieu desquels les rares plantations de résineux se remarquent fortement (plantation en timbre-poste et sur sommet à La Chapelle). En dehors de la forêt domaniale de l’Assise et des forêts communales gérées par l’ONF (Office National des Forêts), la forêt est essentiellement privée.

Les modes de gestion varient selon la nature du peuplement :

  • Les feuillus sont conduits :
    • En taillis ou taillis sous futaie C’est le mode de gestion traditionnel le plus courant. Le bois était utilisé pour le chauffage et pour la fabrication des sabots. Ces peuplements ne présentent plus aujourd’hui qu’un intérêt sylvicole limité. De plus, les parcelles sont de tailles très réduites (3 ha en moyenne) car elles ont été partagées sur de nombreuses générations.
    • En futaie jardinée Dans le cas de peuplement de hêtres, il peut s’agir d’anciens taillis reconvertis en futaie sur souche. Le sapin est présent en sous-étage, accompagné d’essences feuillues variées.
    • En futaie régulière Quelques belles futaies de hêtres existent sur le territoire mais elles sont plutôt rares.
  • Les résineux sont conduits :
    • En futaie jardinée ancienne Plus fréquentes sur les stations en altitudes et notamment sur le Massifs des Bois Noirs, les sapinières sont des formations végétales naturelles, comportant en sous-étage des hêtres, des pins sylvestre et des feuillus divers…
    • Les plantations récentes Les résineux sont par contre des plantations parfaitement régulières et homogènes. La taille des parcelles peut être importante (parfois 80 hectares d’un seul tenant) quand les terrains correspondent à d’anciens domaines agricoles.

Dans les piedmonts et les massifs de faible altitude (en dessous de 800 m) où les résineux sont traditionnellement inexistants, les plantations récentes d’épicéas et de douglas se détachent dans les formes paysagères, créant des masses sombres.

Dans la plupart des vues lointaines, les masses boisées représentent un des éléments important du paysage. Or, dès le premier coup d’œil, il apparaît un contraste fort entre les boisements de résineux et de feuillus. Ce contraste est dû à plusieurs facteurs (la couleur, les textures, l’emplacement préférentiel, la cohérence par rapport au site, les lisières, la continuité des surfaces boisées).

Paysage agricole

Moutons dans Doyat Vaches bourbonnaises
Moutons dans Doyat Vaches bourbonnaises
(Jacky PROYART)

L’agriculture est le premier secteur d’activité en termes d’emplois. L’élevage est de loin l’activité agricole majoritaire : lait, broutards, bœufs engraissés avec une nette dominance de l’élevage ovin sur la frange nord ouest.

Sur les communes des plateaux et du piedmont (secteur nord-ouest), s’est développée une agriculture plus intensive, les grandes exploitations et les élevages hors sol (porcs et volailles) s’accompagnent de bâtiments et de structures importantes. Ces exploitations le plus souvent installées en bordure de plateau sont généralement très visibles dans le paysage et le marquent de façon importante.

Les prairies s’organisent en vastes zones herbeuses limitées par des haies. La trame de ces haies structure le territoire mais de manière plutôt lâche car :

  • les parcelles sont de tailles importantes ;
  • le cloisonnement n’est pas systématique (seulement un ou deux côtés sont marqués par des haies) ;
  • sur les zones du piedmont, les sommets des croupes sont occupés par des prés à moutons quasi ouvert où les haies restent limitées et où la strate arbustive est taillée.

De plus, quand les boisements bordent ces prairies, ils forment une limite massive et nette aux espaces agricoles, en particulier quand il s’agit de résineux.

Il existe différents types de haies :

  • Les haies bourbonnaises composées de deux strates bien distinctes :
    • Une strate arbustive, composée de noisetiers, de hêtres, de houx, de pruneliers, d’aubépines. Cette strate est régulièrement taillée, latéralement et sur le dessus. Traditionnellement les branches coupées sont réintroduites dans les haies, à la manière des fascines, pour la renforcer et combler les trouées.
    • Une strate arborée composée de frênes ou de chênes alignés qui ponctuent la haie. Un émondage régulier leur donne une silhouette caractéristique.

Ces haies sont les plus remarquables du secteur, reconnues comme spécifiquement bourbonnaises. Elles constituent d’excellentes clôtures. Elles sont très structurantes, leur rectitude découpe le paysage en portions géométriques. A chaque taille (tous les 2 ou 3 ans), le paysage s’ouvre, les haies ne bloquant plus les vues lointaines. Ce type de haies se rencontre surtout dans la région du Mayet de Montagne et plus au nord, vers Châtelus et Arfeuilles.

  • Les haies mixtes arbres/arbustes composées d’arbres et d’arbustes répartis de manière aléatoire au sein de la haie. Il peut s’agir d’anciennes haies "bourbonnaises" laissées à l’abandon ou de haies disposées sur des talus abrupts. Les arbustes largement développés, créent des écrans visuels denses et épais.
  • Les alignements arborés Les alignements purs, composés uniquement d’arbres régulièrement disposés et de tailles identiques sont très rares sur le territoire. Les plus remarquables sont ceux situés en bordure de route car ce sont les plus visibles. Certains correspondent à des allées de domaines ou de demeures importantes, d’autres sont d’anciennes haies dont les arbustes sont morts ou coupés.
haie bourbonnaise
Haie bourbonnaise (Jacky PROYART)

Eau et paysage

Les vallées et les cours d’eau

En vue lointaine, depuis les hauteurs, les vallées organisent et structurent le territoire. Les versants abrupts sont le plus souvent occupés par une végétation feuillue dense.

La majorité des vallées sont étroites avec un fond plat. Dans les zones les plus larges, une route parallèle au ruisseau permet de découvrir ces paysages particuliers sur une grande longueur. Dans la plus part des cas, la route coupe transversalement la vallée.

La qualité de ces paysages intimistes réside dans plusieurs facteurs :

  • Le tracé du cours d’eau qui serpente en fond de vallée, est souligné par un cordon boisé peu épais constitué de saules, d’aulnes et de frênes.
  • De part et d’autre du ruisseau, des prairies limitées par des haies délimitent des espaces restreints. En raison de la proximité de l’eau en toute saison, ce sont des espaces plus verdoyants que les prairies des plateaux.
  • Les fortes pentes souvent boisées de feuillus créent une limite visuelle franche.
  • Le pont est un site stratégique, lieu privilégié pour l’arrêt des pêcheurs. Il permet aussi les vues dans l’axe de la vallée. Certaines vallées très encaissées ne sont accessibles que par des chemins. Les boisements denses, feuillus ou résineux, rejoignent les rives. Les vues sont limitées et leur intérêt dépend de la qualité du couvert forestier.
Ruisseau aux Genestes
Ruisseau aux Genestes (Jacky PROYART)

Les plans d’eau

Ces points d’eau sont des espaces attractifs. Lorsqu’ils ne sont pas privés, ce sont des buts de promenade appréciés. Le tourisme se développe en particulier autour de trois d’entre eux : Molles, Saint Clément et le Mayet de Montagne.

Lac de Saint Clément
Lac de Saint Clément (Jacky PROYART)

Les étangs de loisirs privés (pêche) sont particulièrement nombreux sur le piedmont (Molles, La Chapelle) sur les rivières Bulhion et Jolan et ses affluents.

D’autres points d’eau représentent un élément qui valorise le paysage comme celui situé en contrebas de Lavoine qui met en valeur la silhouette de village. Mais leur multiplication est aussi la cause d’une dégradation de la qualité de l’eau dans les rivières et représente une menace sur la faune aquatique locale.

Milieux naturels et paysages

Sur un même territoire, il n’y a pas forcément adéquation entre intérêt paysager et intérêt des milieux naturels. Certains paysages grandioses ou pittoresques ne sont constitués que d’espèces végétales très banales. A l’inverse, des espèces très fragiles et discrètes n’auront qu’un faible impact paysager.

La qualité des milieux naturels réside non seulement dans la rareté des espèces qui les composent mais aussi dans leur diversité. Le territoire de la Montagne Bourbonnaise présente la particularité de cumuler sur certains sites ces deux types d’intérêts.

L’ensemble du territoire est réputé pour sa richesse écologique et notamment pour sa diversité ornithologique. Le Massif des Bois Noirs compte 98 espèces d’oiseaux nicheurs dont 12 espèces de rapaces. De nombreuses espèces rares sont aussi mentionnées : merle à plastron, Chouette de Tengmalm ou gélinotte des bois.

La Montagne Bourbonnaise comporte un nombre important de tourbières, présentant différents stades évolutifs depuis la tourbière active, encore en eau jusqu’à la tourbière bombée à sphaignes. Ce milieu acide accueille des espèces rares et protégées dont les plus connues sont les Drosera (plantes carnivores). Les principales tourbières se situent :

  • Soit sur le cours amont de la Besbre (Tourbière de Leddy, Tourbière des Grandes Narces, Tourbières du Montoncel…)
  • Soit au niveau de la ligne de partage des eaux entre la Loire et l’Allier (Tourbière du plateau de la Verrerie, Tourbière de la Font Blanche, Tourbière de la Grande Ecluse…)

Parmi tous ces espaces, le plateau de la Verrerie occupe une place à part. Envahi par la lande, il présente à la fois un intérêt paysager et un intérêt botanique. Il s’agit aussi d’un espace particulièrement fragile. Il peut être dénaturé par des boisements (bien que ceux-ci présentent un intérêt sylvicole limité à une telle altitude), par l’abandon de son entretien par la pâture. Un mode de gestion raisonné de cet espace devrait permettre de le préserver dans son état actuel.

Source : Charte Architecturale et Paysagère 2002