Office de tourisme de la Montagne Bourbonnaise

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Histoire de la commune

La commune d’Arfeuilles, située en pleine Montagne Bourbonnaise, la quatrième du département en superficie (5955 ha), couvre une partie du versant occidental des Monts de la Madeleine, au coeur de la Montagne Bourbonnaise. Elle est mitoyenne de nombreuses autres communes : Châtelus et Saint-Pierre Laval au nord, Le Breuil à l’ouest, Saint-Nicolas des Biefs et Saint-Bonnet des Quarts à l’est, et Châtel-Montagne au sud. Elle est arrosée par le Barbenan.

Les renseignements concernant son origine sont peu nombreux. Au lieu-dit "Le Rez des Ecoliers" existe bien un site appelé "Ecole des Druides" qui pourrait témoigner d’une très ancienne origine, mais le mystère reste entier car aucune fouille sérieuse et systématique n’y a été menée à bien.

L’origine du nom d’Arfeuilles fait débat. Il se peut qu’il provienne d’un mot latin "acrifolium", qui veut dire le "houx", très présent dans la commune, mais rien n’est avéré.

Les premiers habitants furent des celtes (les gaulois étaient des celtes). Ils vivaient sur les sommets, y plantant des pierres qu’ils vénéraient ou même adoraient. Les romains occupèrent le pays, traçant des routes, mais il ne subsiste aucun vestige de leur séjour, sinon quelques pièces de monnaie découvertes ça et là.

La tradition dit que Saint-Martin, se rendant en pélerinage sur le tombeau de Saint-Pierre, s’arrêta dans la région. Il fit remplacer la pierre levée de Pétrassin par une chapelle en l’honneur de Saint-Pierre ; il fonda la paroisse de Saint-Martin d’Estreaux et sanctifia une source sur la commune de Saint-Pierre Laval.

C’est probablement à cette époque qu’arrivèrent du centre de l’Europe des populations qui nous ont laissé les très nombreux et très mystérieux souterrains annulaires.

Des moines de Châtel-Montagne fondèrent au XIIème siècle une petite communauté qui construisit la première église.

À partir de l’an mille, se formèrent les fiefs féodaux avec des seigneurs dont la principale occupation était la guerre. La commune d’Arfeuilles regroupe au moins sept de ces fiefs. Celui du bourg d’Arfeuilles est l’un des plus petits. La légende dit que, vers le milieu du XIIIème siècle, les seigneurs de Montmorillon et de Châtel-Montagne s’allièrent et battirent celui d’Arfeuilles qui périt dans la bataille. Le fief d’Arfeuilles passa à la famille de Châtel-Montagne puis, par mariage, à la famille de Vichy. Cette famille fit reconstruire le château détruit qui devint la forteresse puis un nouveau château au bord du Barbenan. Au début du XVIème siècle, elle vendit les dîmes d’Arfeuilles - Châtel-Montagne aux seigneurs Popillon du Riau (les ancêtres Popillon avaient été les orfèvres de la duchesse Anne de Bourbon). Ils les conservèrent jusqu’en 1715 date à laquelle ils les vendirent à la famille Brunet d’Evry, gouverneur du Bourbonnais qui les garda jusqu’à la Révolution de 1789.

Au cours des guerres de religion, Arfeuilles fut dévastée à plusieurs reprises par les protestants. La forteresse incendiée fut remise en état au XVIIème siècle et, sous le nom de "Vieux Château", devint le lieu de collecte des impôts en nature (dîmes). Du nouveau château, encore plus abîmé, il ne reste que la tour, les pièrres ayant servi à reconstruire sur place des maisons particulières qui existent toujours, au centre du bourg.

Parmi les autres fiefs, citons :

  • celui de Pingus, propriété des Châtelus-Mauvernet, et dont la justice jusqu’au XVIIIème siècle se rendait au village Fayet ;
  • celui du Verger, appartenant au XIIIème siècle aux frères Guichard, Guillaume et Jocelyn de Châtelus, et rattaché en 1672 à la terre de Châteaumorand, et de la justice duquel dépendait une bonne partie d’Arfeuilles ;
  • enfin celui de Montmorillon dont il ne reste aujourd’hui que des ruines du château dont le donjon de cinq étages avait une base carrée de seize mètres de côté.

En 1718, la terre et seigneurie de Montmorillon furent vendues à messire Gilles Brunet d’Evry, seigneur de La Palisse, Saint-Prix, Droiturier, etc... et dont les descendants possédaient encore la seigneurie en 1826.

Quant à la paroisse d’Arfeuilles, placée sous le vocable de Saint-Pardoux, on en trouve mention en 1377 : "Arfolia" et "Arfoliae" (peut-être faut-il chercher l’origine de ce nom dans le mot latin "folium" : feuille, feuillage).

La révolution de 1789 surprit les gens, mais les Révolutionnaires se manifestèrent dans des actions plus mesquines qu’intelligentes (chasse aux prêtres réfractaires, destruction du clocher de l’église, imposition du nouveau calendrier, etc...), trahissant le souffle de liberté qui avait animé les Etats Généraux.

En 1804, Arfeuilles est une très importante commune qui compte 2815 habitants alors que Lapalisse n’en recense que 1803. Les activités sont aussi bien rurales qu’artisanales. On y cultive le blé, le seigle, l’avoine, les pommes de terre, on récolte des châtaignes et des noix. Il y près d’un millier de bovins, environ 1500 moutons, 25 chevaux, 53 ânes et ânesses. Il s’y trouve pas moins de 12 moulins à eau, 3 moulins à foulon (pour fouler les draps, leur donner un certain apprêt) et 5 à l’huile. Les activités artisanales sont nombreuses : 12 peigneurs de chanvre, 6 tilletiers (travaillant la tige du chanvre), 12 meuniers, 20 sabotiers, 6 tisserands, 4 tanneurs, 4 tailleurs d’habits, 3 tonneliers, 3 huiliers, 3 coordonniers, 11 cabaretiers, 2 épiciers, 2 boulangers, 2 barbiers, sans compter les professions libérales : 2 notaires, 1 chirurgien, 2 huissiers. Déjà on connaît la pollution car à la question "quels poissons sont les plus communs dans les ruisseaux ?", le maire, Monsieur Martin du Gard répond "Les truites, autrefois qu’on n’y jetait pas la chaux !".

Arfeuilles connaîtra un maximum de population en 1881 avec 3572 habitants et, jusqu’en 1906, restera plus peuplée que Lapalisse : 3167 habitants contre 2957. La commune connaît alors une importante activité commerciale et industrielle : cardage et filage de la laine, teintureries, tanneries.

Le XIXème siècle, jusqu’à la guerre de 1914, fut incontestablement l’âge d’or pour Arfeuilles. Les grands travaux réalisés témoignent de la richesse de la commune qui vivait en autarcie quasi complète.

Constructions :

  • d’une mairie,
  • du petit séminaire qui devint par la suite école libre de garçons,
  • de deux écoles laïques (garçons et filles) au bourg,
  • de trois écoles de hameaux,
  • d’une école libre avec pensionnat,
  • démolition de l’ancienne église et construction de la nouvelle de dimensions imposantes,
  • construction d’un pont sur le Barbenan (jusque là, il était traversé à gué par les voitures),
  • réalisation des routes de Châtel-Montagne à Saint-Martin d’Estreaux et des Espalus à la Croix du Sud,
  • installation d’une importante usine textile (près de cent ouvriers),
  • développement important de l’artisanat et des professions libérales,
  • enfin, éclairage à l’électricité des rues d’Arfeuilles, grâce à l’excédent nocturne de courant produit par l’usine.

Aujourd’hui, l’exode rural n’a épargné aucune catégorie, la forêt a pris la place des pacages dans de nombreux endroits, et la commune compte un peu plus de 700 habitants. Mais elle peut s’enorgueillir d’avoir conservé bon nombre de ses commerces et de ses services (poste, gendarmerie, pompiers, un cabinet médical, une pharmacie, un cabinet de kinésithérapie, une école à trois classes incluant une classe maternelle, et bénéficiant des transports scolaires, un marché hebdomadaire, une boulangerie, deux épiceries, un dépôt de fleurs, un dépôt de journeaux, un dépôt de chaussures, un distributeur de carburant, un café-auberge, des gîtes, gîtes d’étape et chambres d’hôtes), ainsi que plusieurs entreprises artisanales, axées essentiellement sur le domaine de l’habitat.